Dès ses 6 ans, Tatiana Moyses est tombée dans la marmite du tir à l’arc. Bercée au son des flèches dans son enfance au travers sa famille, elle est tombée, elle aussi, amoureuse de ce sport. Au point de vouloir s’y investir pleinement et plus particulièrement dans l’arbitrage. Avec ce polo sur les épaules depuis ses 15 ans, la jeune femme de 24 ans est actuellement en stage sur les championnats de France par catégories pour passer arbitre nationale.
Parler d’elle n’est pas forcément ce qu’elle affectionne le plus, mais lorsqu’elle évoque le tir à l’arc, les étoiles se mettent à s’illuminer dans ses yeux : « Le tir à l'arc c'est une affaire de famille. Mon beau-père est président de mon club d’Obernai (Grand Est), ma maman est arbitre et PCRA. Elle ne le sait peut-être pas mais c’est un exemple pour moi. Mon petit frère Théo est archer également… » Alors forcément, lors des repas de famille, les discussions autour du tir à l’arc prennent une place centrale. « Dans la famille, on n’a jamais été forcés à faire du tir à l’arc, on pouvait arrêter si on le souhaitait. On a toujours continué parce qu’on adore ça avec le petit frère. On est tous très fiers de ce que l'autre fait. »
Paysagiste dans la vie, Tatiana aime consacrer son temps libre à sa passion. « Ce qui me plait dans l’arbitrage c’est le contact avec les archers, je trouve que c’est un contact différent qu’être entre nous en tant qu’archers. Et puis le règlement, j’adore ça ! ». De quoi ressentir également une petite fierté quand les week-ends de compétition se déroulent sans encombre : « C'est un peu une sorte de satisfaction, je sais que dimanche soir je vais être fatiguée et épuisée du week-end mais en même temps je vais être contente, je vais me dire qu’en partie grâce à nous, les arbitres, on va voir une quantité de personnes qui vont repartir heureuses qu’il n’y ait eu aucun souci. »
Un rêvé déjà réalisé
L’un de mes objectifs quand je suis devenue arbitre, le jour où j’ai prêté serment, j’ai dit à ma maman : « Je serai réellement arbitre le jour où j'arbitrerai Sophie Dodémont sur une finale » J’ai eu l'occasion de l’arbitrer sur mon 1er championnat de France. C'était un moment d'émotion où j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. C’est l'un des plus beaux souvenirs de ma vie, c’était en février 2022, à Vittel.
Un week-end déterminant
Sur les championnats de France Adulte, Tatiana se sait observée. Pour cause la jeune femme s’apprête à passer un cap. Actuellement arbitre fédérale, elle grimpera une nouvelle marche en devenant arbitre nationale pour être devenir responsable sur les championnats de France. Elle avoue que le stress qu’elle a pu ressentir s’est envolé lorsqu’elle est rentrée en action ce vendredi. « Ma mère est tellement heureuse que je sois sur ce stage aujourd’hui. Je pense qu’elle est plus stressée que moi au final. »
Après avoir passé chaque étape pas après pas, Tatiana nourrit des rêves pour la suite de sa carrière d’arbitre : « l'année prochaine j'aimerais tenter l'arbitrage international jeune pourquoi pas les JO de Los Angeles en 2028. Je n’y arriverai pas en tant qu’archère, mais en tant qu'arbitre ça pourrait être très intéressant. Il faut que je travaille mon anglais. Et puis pour la suite il y a plein d'autres petits projets qui se préparent avec le CNOSF, avec même au niveau de la fédération à terme ça pourrait être très intéressant ». Et si les rêves étaient faits pour être réalisés ?
TexteL’un des axes forts de la Fédération c’est de s’occuper des jeunes : des jeunes archers, des jeunes arbitres… Nous sommes ravis quand des jeunes adultes s’impliquent dans le tir à l’arc. Tatiana en est l’exemple même. Elle a été jeune arbitre, puis arbitre fédéral et elle a passé l’examen d’arbitre national qu’elle a réussi. Aujourd’hui, elle passe la pratique sous ma supervision. Nous sommes au début du week-end et pour le moment tout se passe très bien.
Élue chargée de la formation des jeunes arbitres & responsable arbitre sur le week-end