Avec ses trois filles derrière elle, Elise Chanoine a naturellement un surplus de motivation lorsqu’elle s’élance sur le pas de tir. A 41 ans, l’archère de Moreuil (Hauts-de-France) va vivre demain sa toute première finale élite, en arc à poulies, face à Sandra Hervé (Rueil Malmaison). Un moment unique en arène qu’elle a hâte de vivre, en famille.
1ère finale en élite pour Elise Chanoine
Elise Chanoine avec Kévin Cousin en double mixte
De ses dires, cette finale est plutôt du genre inattendue. Titrée l’an dernier en S2 par catégories sur la distance nationale, Elise Chanoine montait cette année sur la 3e marche de la distance internationale, à Riom.
Aujourd’hui du côté de Saint-Avertin, son nom ne devait initialement pas figurer sur la liste des participants en individuel : « Je ne m’attendais pas à ça. À la base, je ne voulais pas forcément faire l’élite, je voulais juste faire le championnat par catégories. Puis, mon coach m’a dit que si je fais le double mixte, je peux faire l’individuel car je rentre dans le quota. Donc ce matin je suis arrivée avec peu d’appréhension. Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait un championnat élite, avant la naissance de ma première fille donc au moins cinq ans. »
Une finale en élite inattendue, certes, mais rêvée depuis longtemps. A 41 ans, Elise Chanoine va pouvoir réaliser un objectif qu’elle s’était toujours fixée.
Concilier famille et tir à l’arc
Durant toute la journée, Elise avait son fan club derrière elle. Avec Abigaelle 5 ans et les jumelles Augustine et Andréa, 2 ans, l’archère n’a pas de quoi s’ennuyer au quotidien. Avec son conjoint également archer, la famille doit jongler entre les emplois du temps. Tout est alors une question de logistique : « Que ce soit en compétition ou à l’entrainement, on essaie de s’arranger pour ne pas tirer en même temps. » Sur les événements où chacun est participant, comme à Riom, le couple peut également compter sur l’aide précieuse des membres du club.
En ayant commencé le tir à l’arc à l’âge de 10 ans, Elise Chanoine ne s’est presque jamais arrêtée : « J’ai commencé le tir à l’arc car je voulais être avec mon oncle qui était à l’époque le président du club qu’il a monté, Moreuil. C’est lui qui m’a tout appris. J’ai fait une pause de quatre ans pour mes études. » Arrive ensuite Abigaelle, l’ainée : « J’ai tiré jusqu’au bout quasiment. Et pour ma deuxième grossesse, j’ai repris rapidement après la naissance des jumelles. Car je ressentais un manque, il fallait que je tire. » Le tir à l’arc devient alors une échappatoire dans cette vie bien chargée : « Si je n’ai pas ça dans ma vie, il me manque comme une béquille. Je ressentais un déséquilibre. Ça fait vraiment partie de mon équilibre personnel ».
Elise Chanoine attend désormais la journée de demain avec une grande impatience « Mes filles seront là demain au bord de l’arène, et ça je trouve qu’il n’y a pas plus grande fierté que d’avoir ses enfants qui vous crient « Allez maman ». C’est vraiment plaisant, ça va être un moment chargé en émotions ».
Présente au moment de l’interview, Abigaelle offrait la plus belle des conclusions « Moi j’adore ma maman ! » Le fan club est prêt !
Le tir à l’arc, une histoire de famille chez les Cordeau
Sur le double mixte, Amélie Cordeau a eu l’occasion de tirer aux côtés de son frère, Antoine, sous les couleurs d’Annemasse. Tout comme Nicolas et Marion Girard en arc à poulies pour Saint-Martin-de-Crau. Mais la particularité des Cordeau ne s’arrête pas là, derrière la longue vue avec le statut de coach, Géraldine, la maman et pas très loin, le papa, Richard. Pour Géraldine Cordeau, ce moment tous ensemble avait forcément une saveur particulière : « C’est super sympa de pouvoir coacher ses enfants en mixte. J’avais déjà coaché Amélie avec d’autres tireurs mais avoir les deux en même temps, c’est différent. Depuis très longtemps, on a toujours fait du tir à l’arc en famille. Ça donne une force d’être tous ensemble. Il n’y a pas que nous quatre car tout le monde est là-dedans. C’est riche, c’est motivant, on est toujours en train de parler de ça. Et de pouvoir vivre ça sur des compétitions tel que les championnats de France, ici, c’est incroyable. »
Les finalistes de dimanche à suivre sur la chaine Youtube de la FFTA