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Quand on parle de performance d’une branche, on pense souvent à sa vitesse, à sa souplesse ou à son rendement. Mais un autre paramètre compte énormément pour l’atteinte de la performance en cible : sa stabilité latérale.
Autrement dit, sa capacité à travailler dans l’axe sans se déformer excessivement sur le côté ou en torsion. Et ce comportement dépend directement de la conception de la branche et, surtout, de la manière dont les fibres qui la composent sont orientées.
Pourquoi la rigidité en torsion est-elle importante ?
Une branche ne travaille pas uniquement en flexion. Pendant toute la séquence de tir, elle est également soumise à des efforts qui cherchent à la faire légèrement vriller ou sortir de son axe.
C’est là qu’intervient la rigidité en torsion. Plus une branche résiste à cette torsion, moins le torque appliqué à l’arc aura tendance à perturber son alignement. C’est déjà intéressant au moment de la libération, mais ça l’est tout autant dans les quelques millisecondes qui suivent.
Lorsque la corde revient vers sa position initiale et que la flèche accélère, les branches se referment à très grande vitesse. Tout mouvement latéral parasite à ce moment-là peut influencer la régularité de la sortie de flèche. Limiter ces mouvements permet donc d’obtenir un comportement plus constant d’un tir à l’autre. Et plus la distance augmente, plus cette régularité devient intéressante pour le groupement.
Comment obtient-on cette stabilité avec une branche lamellé-collé ?
Dans une construction classique, un noyau en mousse ou en bois est associé à plusieurs couches de matériaux structurels. La façon dont ces différentes couches sont disposées détermine en grande partie les propriétés mécaniques de la branche.
On retrouve notamment des fibres unidirectionnelles placées dans le sens de la longueur. Elles sont particulièrement efficaces pour reprendre les efforts liés à la flexion. Pour travailler sur la torsion, il faut aller plus loin.
Des fibres orientées à +/- 45° permettent de mieux reprendre les efforts de cisaillement et donc d’augmenter la rigidité en torsion de l’ensemble. Les fabricants traditionnels et historiques de notre sport jouent également sur la largeur ou l’épaisseur de la branche pour gagner encore en stabilité. Le problème, c’est qu’il faut alors trouver le bon compromis, notamment concernant le poids de la branche et sa répartition.
Plus rigide, oui. Plus lourd… pas forcément.
Ajouter de la matière permet de rigidifier une structure, mais augmente aussi sa masse. Et sur une branche d’arc, l’endroit où se trouve cette masse est loin d’être anodin.
C’est particulièrement vrai à proximité des poupées : cette partie de la branche se déplace très rapidement.
Ajouter du poids à cet endroit augmente donc la masse qu’il faut accélérer puis décélérer à chaque tir, ce qui peut pénaliser le rendement dynamique de la branche et la vitesse de sortie de flèche.
Les constructions multicouches présentent aussi de nombreuses interfaces entre les différents matériaux. Ces zones de collage sont également soumises à des contraintes répétées, auxquelles viennent s’ajouter les variations de température et d’humidité.
La difficulté est donc assez simple à résumer : gagner en stabilité sans alourdir inutilement la branche et sans multiplier les zones de contrainte.
L’approche Monolith Carbon Uukha
C’est précisément sur ce point que notre technologie Monolith Carbon se distingue d’une construction lamellé-collé traditionnelle. Notre procédé permet aux fibres structurelles de carbone de se prolonger sur toute la branche, jusqu’aux poupées. L’orientation et l’empilement de ces fibres sont définis pour obtenir les propriétés mécaniques recherchées sans avoir simplement recours à davantage de matière.
Nous pouvons ainsi travailler simultanément sur la masse, la rigidité en torsion et le comportement dynamique de la branche.
Concrètement, une meilleure maîtrise de la torsion signifie moins de mouvements latéraux parasites pendant la restitution, tout en conservant une faible masse en mouvement et une vitesse de sortie de flèche élevée.
En cible, l’intérêt est immédiat : une branche qui travaille davantage dans son axe, un comportement plus constant d’une flèche à l’autre et donc plus de tolérance et de précision.
La vitesse compte. Le rendement aussi. Mais pour transformer ces performances mécaniques en points sur la cible, la stabilité de la branche reste essentielle.
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