Avec seulement une soixantaine de licenciés, le club de tir à l’arc d’Auros fait aujourd’hui partie des références nationales. Promu en Division 1 féminine, labellisé ETAF (École du Tir à l’Arc Français) et soutenu par une commune convaincue de l’intérêt du sport pour son territoire, le club girondin démontre qu’un projet construit autour de la formation peut porter ses fruits, même à l’échelle d’un village de 1 090 habitants.
Le contraste est saisissant. À Auros, petite commune girondine d’un peu plus de mille habitants, le club de tir à l’arc ne compte qu’une soixantaine de licenciés. Pourtant, il évolue aujourd’hui en Division 1 féminine et poursuit son développement sans renier ce qui fait son identité : la formation.
Pour Sébastien Roy, président du club, cette première saison parmi l’élite avait avant tout un objectif simple.
« Nous visions le maintien pour cette première année. On termine huitièmes alors que nous n’avions jamais été dans les huit premières de la saison avant le dernier match. C’est une grosse expérience pour cette jeune équipe, dont trois filles sont formées au club. »
Cette qualification pour les playoffs vient récompenser un travail engagé depuis plusieurs années.
La formation comme fil conducteur
À Auros, la priorité reste le développement des jeunes avec un club qui met l’accent sur la formation de ses bénévoles.
« Nous sommes axés sur la formation des jeunes. Nous avons un archer en pôle, un deuxième qui va rentrer au pôle de Compiègne en septembre, et une jeune archère devrait intégrer l’équipe de D1 l’année prochaine. Nous allons avoir six filles capables de tirer à 70 mètres. On pourra envisager la saison prochaine sereinement et viser le maintien, voire un peu plus. »
Cette dynamique repose également sur le travail réalisé par les entraîneurs qui sont tous bénévoles : « Nous avons formé des entraîneurs depuis quelques années et nous en avons maintenant quatre. Il faut les féliciter pour le travail effectué. »
Des résultats qui se matérialisent également avec la reconnaissance fédérale et l’obtention du label ETAF (École du Tir à l’Arc Français) qui accompagne les clubs qui forment le plus de jeunes. « Nous cherchions l’ETAF depuis plusieurs années. Il manquait toujours un score, un jeune ou une moyenne. L’an dernier, nous avons obtenu le label et cette année nous le conservons, puisque les jeunes continuent de progresser et viennent encore d’améliorer leurs moyennes. »
Le club compte aujourd’hui entre vingt et vingt-cinq jeunes archers, un effectif important à son échelle. Cette politique de formation favorise aussi la fidélisation avec 80 à 90% de tireurs qui restent d’une année à l’autre. Pour Sébastien Roy, le contexte local y contribue également. « Nous sommes une petite commune. C’est peut-être plus facile de garder les jeunes ici que dans une grande ville où il y a davantage de turnover de choix. »
TexteC’est un investissement sur l’avenir. À partir du moment où un club se structure et obtient des résultats, cela apporte de la visibilité à la ville et donne envie d’intégrer le club.
Un projet soutenu par toute une commune
Le développement du club s’est construit avec l’appui de la municipalité, un accompagnement naturel pour le Maire d’Auros, Philippe Camon-Golya :
« Tout est important. C’est un investissement sur l’avenir. À partir du moment où un club se structure et obtient des résultats, cela apporte de la visibilité, cela donne envie d’intégrer le club. Nous en sommes très heureux au niveau de la commune. Avec nos moyens, nous essayons de faire ce que nous pouvons. Il y a un gymnase pour travailler l’hiver et un terrain a été aménagé pour la pratique extérieure. »
Au-delà des résultats sportifs, le club contribue aussi à faire connaître la commune. Le maire ne cache pas sa fierté de voir le nom d’Auros présent sur les terrains de compétition partout en France.
Pour Sébastien Roy aussi la présence de l’édile est une vraie reconnaissance du travail accomplis depuis plusieurs années : « Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de clubs dont le maire se déplace sur une compétition de Division 1. Pour moi aussi, c’est une fierté. »