Entretien avec Sébastien Brasseur, entraîneur de l’équipe de France arc à poulies

Article publié le 04/10/2025
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2025 a marqué un tournant pour l’arc à poulies, avec l’intégration du mixte aux Jeux Olympiques de Los Angeles 2028 et deux médailles mondiales pour l’équipe de France. Entretien avec leur entraîneur, Sébastien Brasseur.

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2 médailles pour l'arc à poulies au championnat du monde © World Archery

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Vous revenez du championnat du monde avec deux médailles. Quel bilan tirez-vous ?

Le bilan est positif : un titre mondial et une médaille d’argent par équipe. Rien n’est jamais acquis à ce niveau, mais au vu de la saison, c’était à notre portée. Nicolas Girard avait déjà montré sa régularité, et les garçons avaient construit une vraie intelligence collective.

Le déclic est venu d’un stage avant Madrid où je leur ai demandé d’aller chercher le score parfait. Ils l’ont atteint, et ce jour-là, ils ont compris qu’ils en étaient capables. Cette confiance collective s’est transformée en confiance individuelle, et c’est ce qui a fait la différence.

Chez les filles, même constat : régularité au-delà des 230 de moyenne par équipe, et capacité à jouer au niveau sans crainte, jusqu’au bout. Cette saison a été fondatrice : apprendre à se connaître, construire la relation et poser une base solide pour progresser.

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Nicolas Girard sous les yeux de son entraîneur, Sébastien Brasseur © World Archery

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L’arc à poulies intègre le programme olympique. Qu’est-ce que cela change ?

On change de dimension. Tous les pays vont s’organiser pour être compétitifs, et il n’y aura que 12 équipes qualifiées. Chez les hommes, Nicolas est déjà installé dans le top mondial, et d’autres veulent suivre sa voie. Chez les femmes, il y a une vraie motivation et un engagement quotidien.

Notre défi sera de transformer cet engagement en progression concrète : plus de régularité et, surtout, plus de points sur chaque feuille de marque. Cela passe par des routines précises, un suivi individualisé et une organisation millimétrée de la saison.

Concrètement, comment va s’organiser la préparation olympique ?

La première étape, c’est l’individuel : consolider la technique, créer des automatismes simples et naturels, et optimiser le matériel (poids, réglages, allonge, image de visée). L’idée est que chaque archer sorte de l’hiver avec des bases stables qui lui permettent d’élever son niveau.

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En parallèle, il est indispensable de structurer davantage la saison et les différentes phases d’entraînement. La définition d’objectifs clairs est un facteur clé : il n’y a pas de performance sans objectif et pas de progrès sans évaluation. Ensuite, nous abordons la dynamique de groupe. Le mixte est une épreuve de binôme : la synergie doit être préparée et répétée jusqu’à devenir un automatisme.

Enfin, comme nous n’avons pas de centre permanent, nous mettons en place un système hybride : un stage mensuel, des suivis individuels et un carnet d’entraînement digital partagé. Cela permet de garantir la continuité et d’impliquer les entraîneurs de clubs ou entraîneurs persos pour que chaque archer progresse dans son environnement quotidien tout en respectant la rigueur de la préparation olympique.

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Quel niveau faudra atteindre pour viser Los Angeles ?

Aujourd’hui, pour être compétitif en mixte, 
il faut viser un total autour de 1 420 points sur les qualifications : des garçons à 710 et plus, des femmes à 705 et plus. Sur les matchs, au championnat du monde, le mixte français a sorti un 157 contre le Mexique, soit le 3ᵉ meilleur score du terrain. C’est encourageant, mais pour une médaille olympique, il faudra savoir chercher le score parfait et surtout le reproduire sous pression.

À titre personnel, qu’avez-vous ressenti en apprenant que le mixte arc à poulies intégrait les JO ?

Ma première réaction a été de me demander si je devais reprendre l’arc ! Mais entraîner me stimule tout autant. J’aime construire, accompagner et partager une aventure humaine riche.

Sans confiance, il n’y a pas d’engagement, et sans engagement, pas de performance. Mon rôle, c’est de créer cette relation, d’aider les archers à devenir plus autonomes et de structurer chaque étape de la saison pour qu’ensemble, nous montions en performance vers Los Angeles.

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Alyssia Chambraud, Léa Girault et Chloé Leroy, médaillées d'or par équipe 
à la Junior Cup 2024 © World Archery Europe

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Composition du collectif arc à poulies

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Femmes 

Alyssia Chambraud (Achères)

Clémence Fraigneau (Saint-Avertin)

Léa Girault (Compiègne)

Chloé Leroy (Le Havre)

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Hommes

Jean-Philippe Boulch (Rueil-Malmaison)

Victor Bouleau (Compiègne)

François Dubois (Rennes)

Nicolas Girard (Saint-Martin-de-Crau)