Ce lundi matin, le Français Nicolas Girard a été sacré champion du monde arc à poulies à Gwangju, en Corée du Sud. Une performance magistrale après la médaille d’argent par équipe décrochée la veille avec ses coéquipiers.
Quelle démonstration de Nicolas Girard ! Champion du monde avec la manière, le Français s’est imposé en finale en réalisant le score parfait : 150 points sur 150. Il faut dire qu’il n’en fallait pas moins face au Danois Mathias Fullerton, qui réalise 149 points. Girard a d’ailleurs joué à se faire peur avec une dernière flèche qui effleure le cordon du 10. Il aura fallu la vérification de l’arbitre et le poing levé de son coéquipier François Dubois, son agent sur la finale, pour valider cette victoire et laisser éclater sa joie.
Avec ce titre, Nicolas Girard, 25 ans, succède à Sébastien Peineau, sacré champion du monde en 2017 au Mexique
TexteSur la finale, le score était serré, il ne fallait rien lâcher jusqu’au bout. L’objectif que j’avais en arrivant sur ce championnat du monde, c’était de faire un podium. J’arrive jusqu’en finale, donc c’est un peu la cerise sur le gâteau. J’avais surtout l’envie de bien faire et de prendre du plaisir à tirer ces 15 flèches. La pression avait un peu disparu, parce que le podium était déjà assuré, donc l’objectif était atteint.
Sur la dernière flèche, j’écoutais les conseils de Sébastien (ndlr : Brasseur, le coach) qui était juste derrière moi et qui me disait de bien fixer le 10 et de la tirer au mieux. J’avais juste ces mots-là en tête qui résonnaient. Je ne réalise pas encore ce qui s’est passé, je pense qu’il va me falloir quelques jours pour ça.
Avant cette finale, Girard a parfois joué à se faire peur, mais n’a jamais semblé dépassé par les événements. Pour son premier match du jour, il s’est imposé 150 points à 147 contre le Turc Batuhan Akcaoglu en 1/8e, puis sur le fil 146 points à 145 face à l’Indien Rishabh Yadav. En demi-finale, il lui aura fallu une flèche de barrage pour se défaire du Sud-Coréen Choi Yonghee (149-149).
Autre Français engagé ce lundi, Jean-Philippe Boulch a été battu en 1/8e de finale d’un petit point par l’Indien Aman Saini, 144 pts à 143.
En parallèle des finales, les femmes disputaient leurs éliminatoires. Dans le duel franco-français entre Léa Girault et Chloé Leroy, c’est la Havraise Chloé Leroy qui s’impose 144 points à 142, avant d’être battue en 1/24e 147 pts à 145 par l’Indonésienne Yurike Nina Bonita Pereira. Pour Ambre Puiseux, le parcours individuel s’arrête également en 1/24e. Elle s’incline 145 pts à 144 contre la Mexicaine Mariana Bernal. Au tour précédent, elle s’était imposée 145 à 139 face à l’Estonienne Maris Tetsmann.
C’est désormais terminé pour les arcs à poulies, place à l’arc classique avec le début des tirs de qualifications ce mardi.
TexteSur ce championnat, Nicolas a été presque irréprochable. Je pense qu’il n’y avait pas trop de doute sur sa capacité à aller au bout et à gagner, parce que depuis qu’on est en stage et depuis plusieurs semaines, il est très fort. À l’entraînement, il n’y avait quasiment pas de 9. Et je pense qu’il avait cette fois envie de marquer son nom sur les plaquettes. Maintenant c’est chose faite et il a commencé à écrire l’histoire.
Lors du briefing à l’INSEP, avant de partir, j’avais dit qu’on pouvait faire une médaille. Je connaissais la capacité des hommes à aller la chercher. Donc au final, c’est respecté et cohérent. J’espère que cela donnera une nouvelle dynamique à l’ensemble de l’équipe de France arc à poulies pour aller chercher le quota pour l’épreuve mixte aux JO de Los Angeles.
TexteNicolas a réalisé un championnat quasiment parfait, premier des qualifications, premier au bout. Cela n’arrive pas souvent et démontre bien le niveau de préparation qui était le sien. Il a su s’imposer brillamment dans des matchs très serrés, avec un format inédit enchaînant huitième, quart, demi et finale sur la même journée. Je retiens, bien sûr, la satisfaction du parcours masculin, tant par équipes que sur le plan individuel.
Le parcours des filles reflète un peu le niveau national actuel. Il va falloir déployer une stratégie pour recoller au meilleur niveau international féminin, si l’on veut effectivement pouvoir viser Los Angeles 2028.
Demain, place aux arcs classiques, avec l’espoir que la dynamique des arcs à poulies se poursuive.