1 an après les Jeux de Paris : l'interview de l'entraîneur Romain Girouille

Article publié le 02/08/2025
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Un an après la médaille d’argent de l’équipe masculine aux Jeux de Paris, Romain Girouille, revient sur ce moment marquant et du rôle de l’entraîneur dans la préparation. 

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  • Un an après les Jeux, quels souvenirs en gardes-tu ? 

Les Jeux ont été un moment à part. On en garde un souvenir inoubliable parce que c’était à la maison et que les performances étaient quand même très significatives. Forcément ça marque. Personnellement je suis passé très vite à la suite parce que les saisons se suivent et on ne peut pas toujours regarder dans le rétro, il faut penser à ce qu’il se passe après. Dès qu’une édition de Jeux est passée, on a la suivante en ligne de mire en disant « qu’est-ce qu’on peut améliorer ? ». 

  • Par quelles émotions es-tu passé durant ces Jeux ? 

On les avait très bien préparés donc une grande sérénité. Assez étonnement je dirais car c’était la 1ère fois pour tout le monde qu’on avait les Jeux à la maison. On ne savait pas le dimensionnement, l’impact du public, la pression qu’on allait avoir. Je pense que de facto on a vraiment blindé l’ensemble des composantes qui pouvaient nous impacter. Et puis évidemment, il y a eu plein de joie avec les médailles. Derrière, le parcours individuel est plutôt intéressant, Thomas fait 8e de finale, Baptiste fait quart de finale, il n’était pas loin de passer dans le dernier carré. C’était une belle compétition, de beaux Jeux. 

  • Quel sentiment ça procure de remporter une médaille ? 

De la satisfaction évidemment, c’est le sentiment du travail accompli en tant qu’entraîneur, on se dit qu’on a préparé les athlètes du mieux qu’on pouvait, ils ont réussi à s’exprimer et à être les plus performants possible le Jour J. 

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  • Dirais-tu que c’est la compétition où tu as ressenti le plus de stress dans ta carrière ? Tu as cette particularité d’avoir vécu les JO aussi bien en tant qu’archer qu’en tant qu’entraîneur…

Franchement je ne pense pas. Ça n’est pas exactement le même. Quand on est athlète, on est stressé forcément parce qu’on est sur la ligne, on recherche une performance, mais quand on est entraîneur, derrière on ne maîtrise rien. On stresse presque plus avant la compétition, pour être sûr que tout soit fait, tout soit bien appliqué, qu’ils soient en forme le Jour J. Je dirais qu’une fois qu’on est dans le tunnel final, on ne se pose presque plus de questions, on est là, on se dit que de toute façon on a fait tout ce qu’il fallait faire, ce qu’on était en capacité de faire et que maintenant on verra ce qu’il se passe. 

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  • Est-ce que c’est une fierté pour toi d’avoir eu cette double expérience ? 

Je ne sais pas si on peut appeler ça une fierté mais, par contre, c’est sûr que c’est une plus-value car l’environnement dans lequel on évolue, et notamment l’environnement des Jeux Olympiques, on sait où on va, même si là bien évidemment c’était une édition particulière. Que ce soit l’aspect préparation des Jeux Olympiques, que ce soit l’environnement dans lequel on va évoluer à ce moment-là, le village, l’organisation de la compétition, l’aspect média, la gestion émotionnelle… Le fait de l’avoir vécu, même si chacun le vit à sa manière, c’est une plus-value pour pouvoir gérer potentiellement les petites difficultés qui peuvent subvenir à ce moment-là. 

  • Justement, le fait que ça se soit déroulé à Paris, on s’attendait à quelque chose de grandiose, comment as-tu vécu une telle ambiance ? 

J’avoue que la 1ère arène, quand on est rentrés, je me suis dit « ah oui quand même ». On a rarement autant de monde, voire jamais. C’est sûr que l’engouement du public, le volume de spectateurs, le bruit que ça représentait, à la 1ère ça a fait une forme de rugissement. Après une fois qu’on a pris la mesure de l’ambiance, de l’environnement que ce soit spatial ou sonore, ça a roulé. On arrive à avoir, que ce soit les athlètes ou nous, une capacité d’adaptation assez élevée là-dessus. 

  • On t’a vu haranguer la foule en levant les bras à un moment donné, est-ce que tu peux nous reparler de ce moment ? 

Le faire sur les 1ers tours c’est un peu compliqué car beaucoup de choses se jouent sur les 1ers tours, on est quand même un peu tendu même en étant entraîneur, et puis je pars toujours du principe qu’on ne doit pas trop chauffer la foule tout le temps qu’on n’a pas de sûreté, qu’on n’a pas sécurisé un minimum le résultat. Et puis, ma femme m’a dit « allez tu fais le chaud un peu sur la finale ». Je me suis dit de faire un petit effort de ce point de vue-là. 

  • Les coachs se sont un peu effacés au moment des célébrations, c’était un choix de laisser les athlètes savourer ou c’était un besoin de décompresser de la compétition ? 

Ma position à moi, c’est que ce sont les athlètes qui font la majorité du travail. Ça veut dire que c’est à eux de célébrer leur médaille car c’est la leur. Nous on est qu’une composante de l’élément. C’est quand même normal que ce soit eux qui célèbrent et nous on doit plutôt se mettre en retrait car c’est un positionnellement logique je dirais. 

 

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  • Que penses-tu que tu raconteras à ta famille dans 20 ans quand tu évoqueras ces Jeux ? 

Je pense que je parlerais de l’ambiance, je ressortirais des photos évidemment, de l’environnement, et de la joie que ça a procuré une fois que la médaille est tombée. Et puis l’aventure humaine avec les tireurs. C’était hors norme sur les 2 ans qui ont précédé, on s’est entraînés énormément, on a passé énormément de temps ensemble… De sentir que ça se concrétise au bout, c’est un gros sentiment de satisfaction, et de se dire qu’on n’a pas fait tout ça pour rien. Ça a vraiment payé au bout. Je pense que, pour eux comme pour nous, ça a été un soulagement à l’arrivée parce que quand on s’entraîne beaucoup, c’est beaucoup d’investissements. Si ça marche, la satisfaction est énorme, si ça ne marche pas, la déception est énorme aussi parce que généralement l’investissement au préalable est très important. Donc c’est vrai que je parlerai forcément de ça à ce moment-là, de l’aventure humaine de mes 2 premières années en tant qu’entraîneur de l’Équipe de France et du résultat qui a été hors norme. 

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