Une année au goût de challenge pour Julie Rigault-Chupin

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Depuis un an, Julie Rigault-Chupin vit un nouveau chapitre dans sa carrière. Habituée à tirer debout avec sa prothèse, la para-archère a dû se réinventer suite à des douleurs devenues récurrentes. Durant toute cette saison 2026, l’internationale française a appris une nouvelle façon de tirer, désormais en position assise. La para-archère de Ruelle-sur-Touvre (Sud-Ouest) entre en piste ce mardi, sur la 2e étape du circuit mondial. Récit d'un an de travail de rééquilibrage. 

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Julie Rigault-Chupin au dernier championnat d'Europe © World Archery Europe

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Sous les conseils d'Amandine Bouillot © FFTA

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Double Para-Olympienne, Julie Rigault-Chupin a connu un tournant dans sa carrière durant l’été 2025 « Ça ne se passait pas bien avec ma prothèse, j’avais tellement mal et j’étais instable. Ça me blessait et ça se répercutait sur ma jambe droite. Vincent (Hybois) et Amandine (Bouillot) m’ont proposé de tirer assise.» Une fois la décision prise, plusieurs étapes se mettent alors en place pour trouver la meilleure pratique possible dans cette nouvelle position « J’ai essayé plusieurs tabourets de douche mais c’était très rigide à l’appui. C’était très compliqué de tenir plusieurs heures dessus aux entraînements. J’ai fini par trouver un tabouret de batteur. Les gens qui font de la batterie ont des tabourets spéciaux. J’étais beaucoup plus confortable ». 

Après ces premières semaines de découverte, c’est tout un travail détaillé qui s’ensuit « Il y a l’appui sur le tabouret, l’orientation par rapport à ma jambe droite, l’inclinaison…. Il faut juste que je trouve le bon équilibre. »

Pour sa coach en équipe de France, Amandine Bouillot, ce changement de position a été bénéfique aussi du point de vue mental « Elle était devenue focus sur les douleurs plutôt que sur son tir. Ça lui mangeait pas mal d’énergie. Comme on lui a expliqué, son projet ce sont les Jeux Paralympiques de Los Angeles donc à partir de là, elle a accepté tout de suite le changement. On a mis en place un travail justement pour essayer de trouver la bonne assise en termes de hauteur, d’épaisseur, de mousse… ». 

La performance

Au-delà de toutes les nouveautés que le changement de position entraîne, le côté performance a forcément son importance. Depuis un an, Julie Rigault-Chupin se bat pour retrouver le niveau qu’elle avait avant. Les derniers mois ont été rassurants pour l’archère comme le souligne Amandine Bouillot : « C’était un challenge aussi par rapport au timing. Il y avait plusieurs échéances qui arrivaient quand on a pris cette décision de changer de position. Ensuite, elle a eu tout l’hiver pour vraiment tout retravailler. Je pense que le challenge est plutôt réussi, on est dans de bonnes dispositions pour avoir des performances de nouveau sur des compétitions internationales et pour poursuivre le chemin tranquillement jusqu’à Los Angeles en 2028. Il y a encore des choses plutôt irrégulières parce qu’elle a encore des petites variations pour se positionner sur son assise, mais elle a été en capacité dernièrement de refaire des perfs à 680 donc qui se rapprochent de son record de France à 689. Il y a une base qui est là, qui progresse, donc c’est intéressant pour la suite. Là, on est au même niveau que l’année dernière sur les tirs debout. Maintenant il faut qu’on continue à grappiller, qu’elle continue à reprendre confiance pour ensuite pouvoir aller rivaliser avec les meilleures internationales qui sont à plus de 690. » 

Lors de sa dernière compétition avec l’équipe de France, Julie Rigault-Chupin a terminé 4e en Open arc à poulies avec également une 3e place des qualifications. « Je me suis battue pour ma sélection pour le championnat d’Europe. Le changement ça a été compliqué mentalement. Je me suis posée beaucoup de questions « est-ce que ça va revenir ? ». Pas mal de personnes me rassurent en soulignant notamment le fait que j’ai fait 684 à Compiègne, sur la sélection valide. C’est désormais sur la bonne voie, il faut que je continue de bosser. Les séances avec mon préparateur mental et mon coach de musculation me font beaucoup de bien. Ils m’ont poussée et c’est aussi grâce à eux que je n’ai pas tout arrêté ». 

Le tir à l’arc adapté à tous 

Face aux difficultés, Julie Rigault-Chupin a pu s’adapter et trouver des solutions avec ses entraîneurs pour continuer de pratiquer sereinement son sport. La pratique du tir à l’arc a permis cette adaptation rapide comme le souligne Amandine Bouillot : « Je pense que c’est vraiment la force de cette activité, que c’est un sport qui peut être adapté à tous et aussi en fonction des évolutions de chacun, et du handicap. Ça rend ça d’autant plus intéressant parce qu’en fonction de comment on évolue, on n’est pas obligé de tout arrêter, on aura toujours une solution à proposer pour que l’activité puisse continuer dans les meilleures conditions. C’est important que la personne puisse continuer de s’épanouir dans le tir à l’arc ». 

Même vision pour Julie Rigault-Chupin : « On peut tirer amputé, paraplégique, tétraplégique… On peut tous le faire. Avant de faire du tir à l’arc, je n’étais pas du tout sportive. Je détestais le sport. Aujourd’hui, je suis sportive de haut niveau et je suis très fière de faire ce sport tous les jours. Malgré le handicap ou la maladie, on peut tous trouver quelque chose qui nous convienne. Moi ça me convient bien, et ça me fait me dépenser physiquement.». 

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Début de la compétition dès ce mardi matin pour Julie Rigault-Chupin, sur cette 2e étape du circuit mondial. 

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