Alicia Baumert : « En arc nu, les Jeux Mondiaux, il n’y a pas au-dessus, c’est un peu les Jeux olympiques »

Article publié le 16/09/2025
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Sacrée mi-août aux Jeux Mondiaux à Chengdu, en Chine, la Française réalise à 25 ans la plus belle performance de sa carrière et succède notamment à des monuments du tir à l’arc tricolore : Jean-Charles Valladont (2013), Carole Ferriou (2001-2009) et Catherine Pellen (1989). Interview avec Alicia Baumert avant les championnats d’Europe Campagne qui se déroulent cette semaine en Pologne.

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Tu es la première Française sacrée en arc nu sur les Jeux Mondiaux, raconte-nous un peu comment tu as vécu cette performance ?

« J’adore tout ce qui est arène. La veille, sur le match d’exhibition face à Cynthia, je n’arrivais pas vraiment à donner de l’importance à ce match-là. Je découvrais le terrain, je n’étais pas très concentrée. Avec le recul, je n’étais pas dans le match du tout. À l’inverse, le match de la finale, j’étais vraiment dans le match, c’était important, j’étais contente d’être là et j’ai tiré très différemment de ce match d’exhibition.

Je n’avais pas du tout en tête les performances de Cynthia par rapport à ses titres sur les Jeux Mondiaux et les championnats du monde. Je me rappelle, par contre, que la dernière fois que je l’ai rencontrée sur un match, j’avais perdu et j’avais dit à ma maman : « Mais de toute façon, c’était Cynthia, elle a un niveau supérieur au mien donc ce n’est pas grave. » Et elle m’avait dit : « Oui, mais tu étais déjà partie perdante sur ce match-là. Du coup, c’est pour ça que tu as perdu. » J’ai pensé à ce que ma maman m’avait dit et je me suis dit : « C’est une archère comme moi et tout est possible. »

J’avais vraiment mes objectifs en tête, ma stratégie de tir et j’étais très sereine. Habituellement, il y a toujours un petit peu d’excitation que j’ai du mal à contenir et c’est vrai qu’en Chine, c’était vraiment très fluide et très posé. En fait, j’étais là où je devais être au bon moment. »

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Baumert et coach
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Finale Jeux mondiaux
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La demi-finale a été particulièrement difficile. Comment as-tu géré l’attente entre les interruptions liées à la météo et entre les matchs ?

« Ça me paraît tellement loin alors que pas tellement. Je me souviens surtout de mon état émotionnel et physique sur le moment. Je n’étais pas comme un robot, mais j’écoutais Christine et c’est tout. Je n’ai pas trop réfléchi sur le moment.

Entre la demi-finale et la finale, on a eu 1h30-2h d’attente. Je l’ai plutôt bien géré en reprenant tout dès le début. Jean (ndlr : Drujon, coach de l’équipe de France) me disait de reprendre tout à zéro et de faire comme s’il n’y avait pas eu de match avant. De refaire un échauffement musculaire, élastique… Et ça a vraiment bien marché. »

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Comment analyses-tu ce titre ?

« C’est une belle victoire, parce que c’est du beau tir à l’arc qu’il y a eu là-bas. C’est aussi une belle médaille, parce que je sais que je ne pourrai pas en avoir une plus jolie. En arc nu, les Jeux Mondiaux, il n’y a pas au-dessus, c’est un peu les Jeux olympiques. »

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Podium jeux mondiaux
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finale JM 2025
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Tu participeras prochainement aux Championnats d’Europe Campagne et 3D. Cette victoire en ouverture de la saison parcours laisse présager de belles réussites à venir ?

« Ce n’est pas parce que j’ai gagné les Jeux Mondiaux que je vais gagner les championnats d’Europe. Ce sont des événements différents, je peux être dans une forme différente, il y a plein de facteurs et il faut jongler avec. Sur les Jeux Mondiaux, les facteurs étaient tous favorables pour moi. On verra sur les championnats d’Europe, il y a plein de choses à prendre en compte.

En termes de performance, je n’ai pas trop d’attentes. Je suis assez confiante dans mon tir et le stage de préparation m’a aussi aidée là-dessus donc on verra. »

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Tu accordes beaucoup d’importance au mental, mais également au matériel. Tu as notamment changé de poignée cette année ?

« Oui, je suis tellement heureuse. Je tirais déjà des branches Uukha et je voulais changer de poignée, mais pour moi, il faut que j’aime ma poignée visuellement pour pouvoir la tirer, sinon ça ne marche pas. À Nîmes cette année, en allant sur le stand de la marque, il y avait leur nouvelle gamme. Je leur ai demandé si la poignée était une nouvelle parce que je la trouvais très jolie. Et en fait non, c’est la même poignée, mais avec un revêtement en vernis qui a changé et qui lui donne un aspect plus fin. Du coup, j’ai sauté le pas et un mois ou deux après le tournoi, je me suis mise à tirer complètement Uukha. C’est très reposant, parce qu’avec ma poignée précédente, j’avais souvent beaucoup de réglages à faire, et là, je l’ai fait une seule fois et depuis je n’y ai plus touché. Je peux la monter et la démonter à volonté et rien n’aura bougé. Ça apporte un certain repos mental. »

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Photos World Archery

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