En ce premier jour de septembre, Damien Letulle entre sur le pas de tir avec un sourire radieux sous le soleil qui surplombe l’esplanade des Invalides. La tâche s’annonce dure face à un adversaire arrivé 4ème du tir de classement. Malgré une prestation solide, le Normand d’origine ne réussit pas à s’emparer du match et termine sa course en huitièmes de finale.
Véritable force de la nature, avec un mental d’acier, Damien Letulle fait son arrivée sur le pas de tir sous un tonnerre d’applaudissements et de cris. Son tempérament et sa pugnacité ont su conquérir le public qui attend l’athlète avec impatience en ce dimanche 1er septembre.
Pour ce troisième match de la journée en W1 hommes et le premier match éliminatoire de Damien, un adversaire de taille attend le Français. En effet, Tamas Gaspar (HUN) avait terminé 4ème du tir de classement en réalisant sa meilleure performance de la saison avec 655 points face aux 566 points de Damien.
Pour sa première flèche sur ce terrain, comme un symbole, Damien vise le 10 et voit son public venu en nombre se transcender. Malheureusement, sa deuxième flèche atterrit dans le 4 et lui rend la tâche laborieuse malgré un deuxième 10 trouvé qui lui permet tout de même de rester dans le match sur un score de 24 à 26. Une deuxième volée à oublier 5-5-8 (18 points) qui permet donc à son adversaire de prendre une avance confortable (53 à 42 points). Damien ne sait rattraper son retard trop conséquent face à Tamas Gaspar qui déroule et enchaîne ses trois dernières volées à 29-28 et 26 points pour terminer sur un score final de 136 à 119.
D’athlète olympique à athlète paralympique, Damien Letulle marquera l’histoire du tir à l’arc de par sa volonté et sa persévérance à revenir sur un pas de tir et d’avoir réussi son objectif de participer à ces Jeux à Paris.
TexteÀ chaque fois que je venais à l’entraînement, j’avais une pensée pour ces années où je ne savais pas ce que j’allais faire de ma vie. Venir 20 ans plus tard aux paralympiques, c’est un moment fort. Je pensais que j’arriverais à passer outre pour être à l’attaque, être compétiteur et pouvoir jouer. Hélas non, ce sera un de mes principaux regrets. Je n’ai pas su mettre le côté compétiteur que j’ai dans le sang au moment où il aurait fallu. J’ai quelques flèches qui m’ont échapées et donc je suis évidemment déçu parce que je comptais beaucoup sur cet événement.
Je savais que Tamas, c'était quelqu’un de très régulier qui n’allait pas faire de grosse erreur. C’était à moi d’être performant et je n’ai pas su l’être dans ce match là. Il fallait que je sois bien présent sur chaque flèche pour jouer quelque chose, mais je n’ai pas mis les choses suffisamment en place pour que ça passe.
Beaucoup de préparation, de travail. Je suis triste parce que je pense que je pouvais fournir autre chose que ça aujourd’hui, mais bon tout cas, c’était un moment fort de partage et je tenais à remercier tous ceux qui m’ont accompagné jusqu’ici. Je pense que dans quelques jours, je serais fier, pas forcément de la compétition, mais du parcours et de tout ce que j’ai fait pour venir jusque là.
La journée n’est pas terminée pour l’équipe de France puisque cet après-midi, c’est Maxime Guérin qui défendra sa place en huitièmes de finale à 16h21 contre le Chinois AI Xinliang. Il tentera de remporter son match pour se hisser en quart de finale.