Parole d'olympien – Jocelyn de Grandis revient sur son expérience olympique

Article publié le 27/08/2024
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A la veille de l’ouverture des Jeux Paralympiques, la Fédération souhaite mettre en avant d'anciens archers olympiques et paralympiques. Retour sur le parcours sportif de ces athlètes qui ont marqué le tir à l'arc.

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Dans cet épisode, retrouvez Jocelyn De Grandis, athlète olympique qui a participé aux Jeux de Sydney en 2000 et aux Jeux d'Athènes en 2004. Retour sur son aventure olympique et sur les souvenirs qui l’ont marqué. 

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RG : Jocelyn, dans un premier temps, peux-tu te présenter et nous dire à quels Jeux tu as participé ?

JDG : Je m’appelle Jocelyn De Grandis, j’ai 44 ans et j’ai participé aux Jeux de Sydney en 2000 et d’Athènes en 2004.

 

RG : Qu’est-ce que ces Jeux représentent pour toi ?

JDG : Ces Jeux ont été un demi aboutissement puisque très jeune, j’ai dit à mes parents quand j’ai vu Fabrice Guy (sportif qui habite près de chez moi) devenir champion olympique en 1992 à Albertville en combiné nordique, qu’un jour moi aussi j’irais aux Jeux Olympiques et que j’aurais une médaille. Mon père m’a répondu « Si tu veux aller aux Jeux, il faut t’entraîner. » Et ma mère m’a quant à elle dit « Faudrait que tu apprennes à faire du ski ou que tu fasses une autre discipline. » J’ai choisi le tir à l’arc car j’aimais vraiment ça. Mon père m’a donné l’envie de m’entraîner quotidiennement pour arriver à aller jusqu’à cet événement. Malheureusement, je n’ai pas eu de médaille et donc c’est pour cela que c’est un objectif à moitié achevé même si j’ai quand même réussi à participer aux Jeux et c’était génial. 

 

RG : Comment as-tu vécu tes deux participations aux Jeux ?

JDG : Les Jeux de Sydney c’était comme Paris aujourd’hui. C’était fantastique, féérique, c’était énormissime ! Déjà de partir à l’autre bout du monde quand tu as moins de 20 ans, c’est quelque chose d’inimaginable. Se dire « je vais aller en Australie » pour le petit Franc-comtois qui n’était jamais sorti de sa région, c’était vraiment incroyable. J’ai vécu un rêve éveillé et puis j’ai eu la chance d’être avec deux archers très confirmés, Lionel Torres et Sébastien Flute, déjà médaillé olympique. Ces deux athlètes m’ont donné toutes les bases pour pouvoir construire une véritable carrière de haut niveau. Cela fait partie des choses que je retiens vraiment aujourd’hui en dehors du fait d’avoir vécu la magie des Jeux, c’est d’avoir pu partager cela avec des gens expérimentés qui m’ont donné le goût de l’entraînement et d’aller plus loin en me dépassant pour gagner des compétitions internationales et également que les Jeux ne soient pas juste un objectif de participation mais que cela devienne un vrai défi de remporter une médaille olympique.

 

RG : Quel a été ton souvenir le plus marquant ?

JDG : C’est mon premier match sur les Jeux de Sydney où je suis arrivé incroyablement détendu et préparé. Je bats le record olympique en match dix-huit flèches, à l’époque c’était en dix-huit flèches, et je me suis vraiment senti comme sur un nuage, je tirais et tout allait dans le jaune. Tout était parfait. Cela a été un moment fantastique que de battre un record et de sentir le public qui est derrière et qui croit en toi alors que personne ne te connaît. C’est un super souvenir ! 

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Photo d'archives lors des Jeux de Sydney 2000

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Photos d'archives lors des Jeux d'Athènes 2004

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RG : Lors de ces Jeux à Paris, tu étais en tribunes aux Invalides. Qu’est-ce que ça fait de vivre cet événement de l’extérieur ? 

JDG : Cela boucle mon parcours olympique, dans le sens où j’ai vécu pour la première fois la préparation des athlètes en tant que spectateur donc j’ai pu ressentir ce que les gens ont pu vivre en me suivant, les mêmes émotions et surtout en suivant Jean-Charles Valladont qui a fait partie de mon club. C’est vraiment incroyable de pouvoir ressentir des émotions comme si j’étais sur le terrain alors que j’étais simplement assis dans les tribunes. 

 

RG : Tu as tout de même pu entrer sur le pas de tir puisque tu as ouvert une session lors des épreuves. Qu’as-tu ressenti à ce moment ?

JDG : Oui, j’ai ouvert une session et c’était fantastique. C’était indescriptible comme sensation parce que c’est quelque chose de nouveau qui a été mis en place. Se retrouver sur le terrain des finales mais sans tirer, c’était presque frustrant. C’était un véritable honneur d’être invité à faire ça, beaucoup de reconnaissance par rapport à ce que j’ai accompli lors de ma carrière de haut niveau et puis cette frustration de se dire « ah, je serais bien là avec mon arc. »

 

RG : Est-ce que tu as un mot à faire parvenir à notre équipe de France paralympique ?

JDG : Il faut vivre les Jeux dans toute leur splendeur, tant au niveau sportif qu’au niveau expérience de vie humaine. C’est vraiment un moment grandiose de pouvoir partager la passion de l’olympisme qu’importe le sport et qu’importe la condition de vie, qu’on soit en situation de handicap ou pas, sportif ou pas. C’est un moment de vie et de partage et donc il faut en profiter car c’est tellement rare qu’il faut en profiter à fond.


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