A quelques mois de l'échéance estivale attendue à Paris, la Fédération souhaite mettre en avant d'anciens archers olympiques et paralympiques. Retour sur le parcours sportif de ces athlètes qui ont marqué le tir à l'arc.
Dans cet épisode, Patrick Lebeau est parti à la rencontre de Lionel Torres, olympien à Atlanta en 1996 et Sydney en 2000. Retour sur son parcours sportif et sur ses plus beaux souvenirs en tant qu'athlète de haut niveau.
PL : Tu connais bien ce terrain pour avoir réalisé un championnat du Monde. Tu as fait un parcours de haut niveau extraordinaire. Ta participation à 2 Jeux Olympiques, tu vas nous en parler maintenant.
LT : « C’est une saveur particulière de revenir sur ce terrain puisque c’est là où j’ai obtenu une très belle médaille de bronze en 1999 sur le championnat du Monde qui avait été organisé ici. Ça a été une période très marquante de ma vie, à domicile. J’ai l’impression que cela fait un peu écho aux Jeux Olympiques qui vont se dérouler à Paris prochainement et pour lesquels les Français vont pouvoir découvrir ce genre de sensations très particulières, de se retrouver au milieu des supporters français, de jouer à la maison devant la famille, devant les amis, devant les proches, et les personnes qui comptent pour vous et puis tout un pays acquis à votre cause, qui va être avec vous quoi qu’il se passe, quoi que vous allez délivrer comme prestation. Ils ne retiendront forcément que le meilleur. J’espère sincèrement que vous allez vous nourrir de ça pour que cette expérience olympique réponde à toutes vos attentes, à tous vos objectifs. Cette satisfaction personnelle d’avoir l’impression d’avoir tout donné à la fin de la compétition.
PL : Quels sont tes meilleurs souvenirs sur les compétitions internationales ?
LT : « Il y en a pleins mais ils sont tous dans des catégories différentes. Forcément, les médailles individuelles qui ont une saveur particulière avec la victoire, la marseillaise, c’est inoubliable. Ça marque un Homme. Quand je dis que ça marque un Homme, c’est au sens humanitaire, au sens littéral du terme. Ce sont des échanges, des parcours de vie, des gens qu’on rencontre, des gens avec qui on ramène des médailles. Une osmose, une alchimie qui se fait, une équipe d’encadrement. Il y a vraiment une satisfaction multiple qui se joue à haut niveau. Avec du recul, j’ai plutôt tendance à penser que le sport de haut niveau c’est quelque chose d’un peu égoïste. Naturellement, le champion est forcément égoïste. Il a besoin de l’être pour avancer dans la direction qu’il s’est donné. Pour autant, ce n’est pas un chemin qui se fait seul. Cet égoïsme-là n’est pas solitaire. Il est réel quand on est l’arc en main sur un pas de tir et qu’on doit tirer une flèche à 70m de distance mais le reste du temps, s’il n’y a pas une équipe et un collectif solide, on est moins fort tout simplement. C’est cette force du collectif qui permet vraiment à chacun dans les moments les plus difficiles de pouvoir répondre présent sur le détail, le petit truc qui va faire la différence.
PL : Tu retraces ton parcours mais on aimerait savoir quel est TON meilleur souvenir ?
LT : « Alors, je vais en donner deux. Un sportif, c’est quand j’ai gagné le titre de champion d’Europe de tir à l’arc en salle. Alors rien à voir avec les Jeux Olympiques, rien à voir avec le championnat du Monde. C’était une compétition continentale mais le scénario dans lequel cela s’est passé m’a permis de franchir un cap et ce cap qui a été franchi ce jour-là m’a permis derrière d’enchaîner sur beaucoup de choses donc je retiendrai celui-là. En extra-sportif, là, ça touche les Jeux Olympiques forcément. Débouler dans un stade olympique devant 80 000 personnes, avec le drapeau France devant vous, avec la tenue de la délégation française, savoir que ce que vous êtes en train de vivre est un moment que vous n’oublierez jamais. Et ça, encore aujourd’hui quand j’y repense j’ai des frissons. Si j’ai un conseil à vous donner, c’est de vivre à fond ce moment-là qui passe à la vitesse de la lumière mais qui perdure beaucoup plus longtemps après le sport et ça c’est important de garder ces souvenirs.
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