Le Roy de France

Les Roys de Compagnie d'arc dans l'archerie traditionnelle

Au sein de l’archerie traditionnelle, la royauté de l’arc est un titre purement honorifique, connu en France au moins depuis la Renaissance.

La dignité de "Roy" est attribuée "à celui qui abat l’oiseau dans la manière et dans les formes" accoutumées le jour du "tir à l’oiseau". A savoir celui qui a abattu, en premier, de façon bonne et valide, un oiseau de "volume du pouce à peu près" et généralement en bois, placé en haut d’une perche (tir historique) ou au centre d’un carte (apparition dès le XVIIIe s.). Une fois proclamé Roy, lui sont alors remis un "Joyau" (un cadeau) et un "ruban porté en sautoir" (une écharpe) de couleur rouge, et éventuellement une médaille ou croix supplémentaire.

Le Roy avait autrefois de grands privilèges fiscaux au sein des villes. Au sein de sa Compagnie, il a le pas sur tous les archers et tire partout avant eux. En sa présence dans le jardin d’arc, nul archer ne peut traverser "l’allée du Roy" (allée centrale du jeu d’arc, entre deux buttes beursault) sans obtenir son autorisation. Tous les archers lui doivent respect et déférence.

Si jamais un roi, par sa dextérité au tir, abat l’oiseau trois années de suite consécutives, il est alors déclaré et élevé au rang d’Empereur de sa Compagnie. Cette dignité, qu’il conserve alors à vie, donne le pas partout et sur tous.

Le tir des Roys de France

Depuis le milieu du XXe siècle, l’idée a germé, au sein du milieu de l’archerie, de permettre de désigner le "Roy de France", Roy des Roys des 350 Roys et Reines des Compagnie que comportait alors la fédération Française de Tir à l’Arc à cette époque.

Ce premier tir a été organisé en Vallée de Pinsons, à Longueval dans la Somme, en 1951 et attira dès ses débuts un nombre important de prétendants, qui ne fit qu’augmenter par la suite.

L'initiateur de ce concours d’un genre nouveau fut François le Roux : Chevalier de l’arc de la Compagnie d’arc de Longueval, Président de la Ronde, Connétable des instances du tir à l’arc, directeur du journal Le tir à l’arc. Le premier "Roy de France" a été M. Robert Rousseau, qui réussit donc en 1951 à abattre l’oiseau de bois placé en haut d’une perche de quinze mètres. 

Afin de faire connaître et démocratiser le noble jeu de l’arc, François le Roux profita de ce nouvel événement pour organiser, en même temps que ce tir, des concours de jeunes archers de moins de 15 ans.

Le concours pour la "royauté suprême" perdura donc et fut continué à Longueval, pendant une vingtaine d’année, (jusqu’en 1966 et 1971 suivant les sources). A priori suite au décès de M. le Roux, le concours fut ensuite transféré au Bois de Maigremont, dans la ville de Vic-sur-Aisne, sur l’initiative de M. Paul Marsaux.

Il réunit encore aujourd’hui, chaque 1er mai, les Roys des compagnies d’arc ou clubs de France pour un tir à la perche, réalisé en deux phases (une phase éliminatoire et une phase finale), jugé par un arbitre fédéral. Un tir du "Roitelet de France" est également toujours organisé, à Vic-sur-Aisne, pour les poussins, les benjamins, les minimes, les roitelets et dauphins. Un verre de l’amitié a toujours clôturé ce tir, moment de convivialité et de partage apprécié de tous.

Administrativement et techniquement, les archers non adhérents à la FFTA, ainsi que les arcs à poulies, sont aujourd’hui exclus de ces tirs.

En savoir +

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Notre histoire

La Fédération Française de Tir à l'Arc prit définitivement son autonomie et son nom en 1928.
 
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