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Le raisonnement suivant est souvent entendu: le muscle consomme
du glucose, le taux sanguin de sucre s'abaisse pendant l'effort
(c'est l'hypoglycémie) ; il faut donc nous recharger
en sucre (morceaux, chocolat, fruits séchés, boissons
sucrées...) pour éviter cette sensation brutale de
fatigue qui nous envahit au bout d'une heure ou deux de compétition.
Ce raisonnement est peut-être bien faux !
L'homo sapiens a été programmé il y a fort
longtemps (plus de 100 000 ans) à rechercher les aliments
sucrés qui manquent cruellement dans la nature.
En ces temps reculés, nos fruits si bien cultivés,
si savoureux, si sucrés aujourd'hui, n'existaient pas; les
baies sauvages, pour succulentes qu'elles soient, sont peu sucrées
et pendant longtemps il a fallu disputer le sucre aux abeilles sauvages,
ce qui n'était pas toujours une mince affaire.
Le sucre donc, bien nécessaire à l'équilibre
alimentaire, a été activement recherché pendant
des dizaines de milliers d'années. C'est seulement à
l'ère très moderne (les années 50 de notre
siècle) que les aliments sucrés se sont mis à
abonder bien trop fortement sur le marché des produits de
consommation.
L'homo sapiens que nous sommes toujours, animal intelligent mais
programmé pour ses instincts par ses ancêtres, est
très friand de sucre et l'ingestion lui donne des satisfactions
immédiates: un goût agréable, une bonne chaleur
répandue dans tout le corps, une sensation de plénitude
et de mieux-être.
Cette sensation de bien-être lutte avec la sensation de
fatigue après deux ou trois heures de compétition.
Le sportif se sent mieux, et psychiquement, c'est VRAI !
Malheureusement, pour peu de temps. Le taux de sucre dans le sang
(la glycémie) s'est élevé.
Le pancréas et le foie vont se mettre à réguler
tout cela. Le foie se met au travail pour stocker ce précieux
sucre en excédent, et le transformer en graisses bien plus
facilement conservables dans les cellules. Quitte à se remettre
au travail dans l'autre sens pour retransformer les graisses en
sucre lorsque le besoin s'en fera de nouveau sentir... ce qui ne
saurait tarder.
Car voilà, ce maudit foie consomme lui aussi de l'énergie,
et beaucoup; et pendant ce temps-là, le sportif continue
sa compétition et consomme lui aussi de l'énergie
et se fatigue deux fois plus vite qu'avant.
Des travaux américains et suédois menés sur
les coureurs de marathon montrent que l'hypoglycémie existe
bien mais que sa correction par apport de sucre pendant l'épreuve
a seulement un effet psychique sur le coup de barre bien connu des
marathoniens (vers le 35ème kilomètre).
Par contre, l'effort prolongé et sévère des
marathoniens peut être poursuivi avec efficacité même
en état d'hypoglycémie à condition d'absorber
une grande quantité d'eau.
D'où cette nouvelle règle: pour un effort prolongé,
buvez beaucoup d'eau et ne prenez pas de sucre ou très peu.
Les médecins de l'équipe de France de chasse sous-marine
recommandent aux chasseurs qui vont passer plusieurs heures dans
l'eau froide, avec des efforts violents de plongée en apnée,
de ne pas manger le jour de la compétition, de se présenter
à jeun depuis la veille mais de boire plusieurs litres d'eau
dans les dernières heures précédant la compétition.
Nos efforts d'archers ne sont pas si intenses, mais un FITA, où
la fatigue psychique s'ajoute à la fatigue physique, nécessite
certainement, surtout par temps chaud, l'absorption de 3 ou 4 litres
d'eau et plus, au cours des 7 heures de compétition.
En salle, nos efforts ne sont pas comparables, et leur brièveté
permet de tenir le coup mais mieux vaut boire que trop se sucrer.
Déjà, le Fédéral disputé au
printemps dans le froid ou la pluie va solliciter beaucoup plus
l'organisme.
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